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LGBTI-phobies Université Bordeaux Montaigne (B3)

L’université Bordeaux Montaigne invite une homophobe notoire pour parler PMA/GPA

Alors que cette année l’Université Bordeaux Montaigne se targue de prendre en compte
les prénoms d’usage des étudiant-e-s transgenres afin « d’éviter une exposition à de possibles attitudes ou pratiques discriminatoires », elle invite dans le cadre de ses conférences la “philosophe” Sylviane Agacinski pour parler de « L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique » le jeudi 24 octobre 2019 à 18h sur le campus de Pessac.

A l’heure où les couples de femmes et les femmes célibataires continuent de se battre pour obtenir le droit à la PMA (le projet de loi sur la bioéthique prévoyant l’ouverture de la PMA à toutes les femmes – en couples avec une femme ou seules – est arrivé à l’Assemblée nationale le 24 septembre), l’UBM a fait le choix d’inviter une « philosophe » aux positions réactionnaires, transphobes et homophobes (elle ne s’en cache pas : « Ça ne me gêne pas [de passer pour conservatrice ou réactionnaire] »). En effet, en plein débat sur le PACS en 1998, celle-ci déclarait que « l’humanité est naturellement “hétérosexuelle” ». (Politique des sexes)

Dans un entretien donné au Figaro, en 2014 elle allait jusqu’à comparer la situation des
personnes LGBTI+, à celle des mineurs ne pouvant jouir du droit de vote en raison de leur âge, affirmant que « le principe général d’égalité ne s’applique pas strictement à certains droits, lorsque des différences naturelles ou sociales justifient des distinctions ». Le genre et l’orientation sexuelle des personnes seraient donc des justifications valables pour leur dénier l’exercice de certains droits dont jouissent les autres citoyens, rejetant par là même la notion d’égalité.

Masquant à peine son homophobie, elle affirmait cet été dans Le Point que “ni le célibat
ni l’homosexualité ne troublent les fonctions reproductives des individus et un couple de deux femmes (ou de deux hommes) ne sont pas, a priori, concernés par l’infertilité”. On ne l’entend bizarrement pas parler de cette infertilité “sociale” lorsqu’il s’agit de couples hétérosexuels cisgenres, sans parler de l’oubli – ou de l’ignorance totale – des autres genres. Pourtant, dans la plupart des couples hétérosexuels cisgenres ayant recours à la PMA, seule une des personnes est infertile et pourrait de facto arriver à avoir des enfants avec quelqu’un d’autre que son ou sa partenaire.

Nous appelons donc l’UBM à prendre ses responsabilités : dans un contexte
d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres,…), il est dangereux et inconscient que l’Université offre une tribune à une personne aux discours dignes de la Manif Pour Tous. Nous appelons les étudiant-e-s à se mobiliser contre la venue de cette conférencière au sein de leur lieu d’étude et mettrons tout en oeuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu.

Nous co-signons ce communiqué avec le GRRR, Riposte trans, Mauvais Genre-s et WakeUp !

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