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Le Plan Etudiant à l’Université : Réunion d’information publique le 23 novembre à la Victoire!

Cet article provient du tract/article à destination des lycéens proposé par l’association OSB IV de Bordeaux sur le Plan etudiant également appelé Plan Vidal.

Plan étudiant ou guet-apens ?

Ça y est, APB, c’est fini. Ça y est, APB va être remplacé. Mais remplacé par quoi ? Par la mise en en place de la SÉLECTION A L’ENTRÉE DE L’UNIVERSITÉ ! Petite démonstration à l’aide d’extraits du projet de loi à venir…

Depuis plus de 50 ans, les gouvernements successifs veulent instaurer cette sélection, et ont toujours échoué face aux contestations massives. Alors pourquoi réessayer aujourd’hui ? Macron profite de la faillite programmée d’APB et des 6000 étudiant.e.s laissé.e.s sur le carreau pour justifier une mesure qui n’aurait jamais été acceptée en d’autres temps.

1/ La sélection est évitable ! Ou leçon n°1 : « Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage »

Du fait de la croissance démographique, le nombre d’étudiant.e.s augmente chaque année (+120 000 depuis 2012). Comme tout le monde le sait, les facs sont surchargées, de plus en plus de filières sont dites « en tension ».
Cette évolution démographique ne tombe pas du ciel, ce n’est pas une surprise : elle était prévisible et attendue. Pour y faire face, l’Etat aurait pu et aurait dû investir dans l’enseignement supérieur en ouvrant davantage de postes d’enseignant.e.s, en recrutant davantage de personnels techniques et administratifs et en investissant dans les structures d’accueil des étudiant·e·s. Cette solution n’a pas été retenue par nos politiciens. Ils ont préféré laisser la situation pourrir pour pouvoir présenter la sélection comme la solution miracle aux maux dont souffrirait l’Université. Une vieille stratégie qui a déjà fait ses preuves maintes fois : « Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage ! »
Le gouvernement supprime l’Impôt sur la Fortune (3,2 milliards en moins dans le budget de l’Etat) et laisse faire la fraude fiscale qui coûte chaque année plus de 80 milliards à l’Etat (soit trois fois le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche !), plutôt que de mettre les moyens dans l’Université.

2/La sélection sera masquée derrière les « attendus » ! Ou leçon n°2 : « avancer masqué »

« Si pour des raisons de capacités d’accueil, l’université ne peut admettre tous les candidats, la priorité sera donnée à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie. » Pour ceux qui en doutaient encore, cela s’appelle de la sélection pure et simple.

Afin de vous sélectionner, l’université aura recours à des « attendus » :

« Les attendus sont les connaissances et les aptitudes qui sont nécessaires à un lycéen lorsqu’il entre dans l’enseignement supérieur. Ils prennent en compte à la fois les bulletins trimestriels de la première et de la terminale (1er et 2nd trimestres) et les résultats aux épreuves anticipées du baccalauréat, mais ils reposent aussi largement sur la motivation : certaines formations pourront par exemple demander une lettre de motivation, la présentation d’un projet personnel ou associatif, la mise en valeur d’un projet professionnel ou encore de suivre certains MOOC (Cours en ligne). »

Autrement dit : « Bravo pour pour ton bac que tu as eu ou que tu auras peut-être, mais on ne lui reconnaît aucune valeur ! » On préfère se fier à ton prof de maths (qui ne t’apprécie pas trop et qui t’as saqué sur ton bulletin). En plus, la petite baisse de ta moyenne d’histoire au premier trimestre (peu importe les motifs) nous inquiète. Ou peut-être encore que tu viens de ce lycée qui a une mauvaise réputation. Inutile de dire que si tu as fait S, ça va être compliqué de changer d’avis et de faire une faire une fac de droit, de même si tu as fait un bac techno ou un bac pro. Cette sélection par les notes est d’autant plus absurde que tous les profs sont loin de noter de la même façon, tout le monde sait bien que les notes varient beaucoup selon les correcteurs.

Tu n’as pas le droit de revenir sur tes choix !

Outre tes résultats et ta filière c’est ta « motivation » que l’on va regarder. En réalité c’est un véritable CV que l’on te demande de constituer. Dans ce contexte, avoir des darons friqués et/ou avec du réseau donnera un sacré avantage pour garnir son CV d’expériences enrichissantes : voyages à l’étranger, stages en entreprise, etc.

Derrière la sélection à l’université se cache une véritable sélection sociale !

3/ La sélection, on connaît déjà ! Ou leçon n°3 : « c’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces »

Ce merveilleux processus a déjà fait ses preuves lorsque que la sélection à l’entrée du Master 1 a été mise en place l’an passé. Là aussi, la contrepartie était un soi-disant droit à la poursuite d’études. Pour quel résultat ? Des milliers d’étudiant.e.s ont été jeté.e.s hors de leur fac où ils avaient commencé leurs études. Certain.e.s ont dû s’exiler et trouver un master dans une autre fac. Pour d’autres, direction le marché de l’emploi : chômage, RSA et boulots de merde !

4/ La sélection renforce les inégalités ! Ou leçon n°4 : « sélection partout, justice sociale nulle part »

L’objectif est clair : réserver la fac aux élites, exclure les classes moyennes et populaires des facs, fermer les yeux sur les problèmes flagrants d’inégalités et de déterminisme social, et surtout, surtout, ancrer une bonne fois pour toute la hiérarchisation, la sélection et la compétition dans l’enseignement supérieur. Le droit de poursuivre ses études se transforme ainsi en confrontation sociale explicite.

5/La sélection permettra un plus grand contrôle social ! Ou leçon n°5 : « la carotte et le bâton »

Désormais, les profs de terminale et les proviseurs pèseront de tout leur poids sur les vœux des élèves d’intégrer telle ou telle filière à la fac, voire même sur la possibilité d’intégrer la fac tout court. Tu te tiens à carreau, parce que sinon tu sais que t’auras pas ta recommandation pour l’université. On te laisse imaginer ce qu’il se passera quand on te chopera en train d’organiser un blocus sur ton lycée pour défendre tes droits ! Le contrôle social se renforce: les quelques coins de tranquillité, en termes de thunes et de temps, qu’il restait dans le système scolaire français, où on pouvait encore se planquer bien au chaud pour réfléchir, foutre le bordel, s’organiser et s’aimer, sont éradiqués.

Il faut museler les espaces où la contestation peut naître, là où la répression financière et sociale a encore du mal à s’abattre contre ceux qui sortent du rang.

La logique aride du contrôle permanent progresse, étend son emprise, sur les chômeurs comme sur les lycéens.

6/ La sélection, on vous en donne les grandes lignes. Ou leçon n°6 : « laisser mijoter »

Janvier 2018 : Pour l’instant tout va presque bien !

« Ouverture de la plateforme d’affectation pour l’inscription des futurs étudiants et la saisie de leurs vœux ». (10 vœux max, non hiérarchisés)

Mars : Le flicage commence !

« Clôture des vœux sur la plateforme d’affectation
Le conseil de classe du deuxième trimestre examine les vœux des lycéens
Le chef d’établissement émet un avis pour chaque vœu et transmet les « fiches Avenir » aux différents établissements d’enseignement supérieur qui offrent les formations demandées »

Mai-Septembre : « Phase de réception et d’acception des propositions. » La sélection bat son plein ! Vous allez être trié.e.s sur la base des « attendus » de chaque fac.

Trois types de réponse peuvent vous être donnés :

– « OUI » : Bravo à toi, tu es passé.e entre les mailles du filet. Mais qu’en est-il de tes potes ?
– « OUI SI » : Les facs « auront désormais la possibilité de conditionner l’inscription à l’acceptation d’un parcours pédagogique spécifique dans le cas où elles estiment que le bachelier n’a pas les attendus requis » Bon, on veut bien de toi, mais comme on considère que tu es à moitié con.ne et mauvais.e, tu vas en chier. Tu vas devoir te taper une année supplémentaire à galérer, à payer tes études pour un diplôme qui n’aura pas plus de valeur.
– « EN ATTENTE » Autant te dire que tu vas rester « en attente » pour un bon moment (le même genre d’attente que quand tu cherches à joindre ton « conseiller client free »), car il n’y aura pas de place pour accueillir tout le monde. Et ça, tes profs, ton proviseur, l’administration, la fac, le recteur, le gouvernement, le savent, mais font juste semblant de ne pas être au courant.

Juillet-Septembre : Sauve-qui-peut !

« Des commissions rectorales d’accès au supérieur se réunissent chaque semaine pour proposer des affectations aux candidats qui n’ont obtenu aucun de leurs vœux. » Après avoir été recalé.e de tous tes vœux, te voilà au mois de juillet comme une merde à attendre qu’une commission décide de ton avenir à ta place et t’envoie dans une fac qui voudra bien t’accueillir… Vous les sentez venir les formations poubelles ? Donc oui, ce ne sera certainement ni dans la ville, ni dans le domaine où tu voulais étudier, car à moins d’avoir une baguette magique, le recteur ne fera apparaître aucune place supplémentaire.

Septembre : On compte les morts !

« Fin de l’affectation, inscription pédagogique de tous les étudiants » SAUF de ceux qui seront abandonnés au bord du chemin !
Mais admettons, ô miracle, que tu sois finalement affecté.e en septembre, quelques jours avant la rentrée universitaire, tu devras alors trouver un logement… mais pas de bol, des logements il n’y en aura plus, dès juillet il n’y en a plus. Eh oui : premier arrivé, premier servi.

ALORS QUE FAIRE ?

7/ La prochaine leçon : « qui sème le vent, récolte la tempête »

S’informer, s’organiser,  se mobiliser contre cette réforme!
Réunion publique contre le plan étudiant le 23 novembre à 18h30 place de la Victoire!!

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Armée SciencesPo

En finir avec l’industrie de l’armement à l’IEP (pétition)

Du nouveau à Sciences Po Bordeaux!   On vous a déjà parlé de Dassault, Thalès et Safran à l’IEP…. cette année on revient à la charge! Pendant la semaine du 20 au 24 novembre 2017, Solidaires étudiant-e-s, en partenariat avec la France Insoumise Sciences Po Bordeaux, fait circuler une pétition pour faire fermer la chaire Défense et Aérospatial. Cette pétition sera déposée au conseil d’administration le 24 novembre. Même si l’administration nous rie au nez, on ne peut nier que de nombreux étudiant-e-s ainsi que certains profs ont soutenu-e-s notre démarche, que nous essayerons de défendre le mieux que possible au CA.  

Le texte de la pétition :   « Depuis la rentrée universitaire 2014, les groupes industriels de l’armement Dassault Aviation, Safran et Thales contribuent au financement de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux. Ces trois groupes forment la « Team Rafale » qui organise la chaire Défense & Aerospatial. Ce partenariat a été renouvelé fin septembre 2017, mais l’enquête des Paradise Papers a récemment révélé la complicité du groupe Dassault Aviation dans un montage financier de fraude fiscale à la TVA sur l’île de Man. Nous pensons que cela est déjà une raison suffisante pour remettre en cause ce renouvellement. Par ailleurs, nous pensons que l’IEP, l’Enseignement supérieur et la recherche devraient être totalement indépendants de l’industrie de l’armement et de l’influence des grosses entreprises privées. Nous demandons l’introduction d’une clause civile qui acte un engagement de séparation entre la recherche civile et la recherche militaire, sur le modèle allemand des Zivilklausel (universités de Brême, Berlin, Oldenburg, Dortmund et Tübingen). La France est le troisième pays exportateur d’armement, avec 5,2 milliards d’euros de livraisons en 2017. Et lorsque l’on apprend que l’avion de chasse Rafale (Dassault, Safran et Thales participent à sa fabrication) a été vendu entre autres au régime du dictateur égyptien Abdel Fatah Al-Sissi et à l’émirat du Qatar, on comprend que l’indépendance vis-à-vis des grandes entreprises capitalistes et des dictatures militaires et théocratiques est gravement remise en cause. Nous ne souhaitons pas que notre IEP soit lié à ce commerce et à une entreprise qui fuit ses responsabilités fiscales. »